Après 2 heures, je suis à l'arrêt, encore loin de la maison, et je me dis : « Bordel, comment je vais rentrer ? »
Les doutes, les peurs, plus d'énergie... Et Noa qui m'attend à la maison. Je sais qu'il pense que je vais rentrer avant qu'il fasse noir. Mais là, je risque de rentrer quand il fera déjà nuit. Il va s'inquiéter, malgré son âge, on n'est jamais assez prudent lors d'une sortie. Tout peut arriver.
Et ici, c'était bonjour les enfers !
J'ai marché, réfléchi, essayé de trotter... Rien.
Puis je regarde autour de moi. Merci, Monsieur le fermier : un pommier ! Je prends une pomme, qui est d'ailleurs 10 fois meilleure que celles du supermarché. J'hésite à la manger, mais je me lance, puis je marche, encore et encore.
Une vraie lutte contre moi-même, que je n'avais plus connue depuis longtemps.
Et puis je trotte... Ça tient. Je peux recourir et rentrer à la maison.
Quelle dinguerie, cette situation ! Un dépassement de soi mental qui fait du bien, mais qui en dit aussi long sur notre capacité à nous dépasser.